Le roi des oiseaux

Conte : le roi des oiseaux

Considéré comme le roi des oiseaux, le Drongo de Madagascar ou « Dicrurus forficatus », appelé « Railovy » en malagasy, est une espèce de passereau de la famille des Dicruridae.

Plusieurs contes malagasy donnent des versions un peu différentes sur son histoire. Mais ils sont tous aussi fascinants les uns que les autres.

Alors comment le Drongo est devenu le roi des oiseaux cette fois-ci ?

Tous au grand Kabary

Il était une fois, tous les oiseaux de la grande île firent un grand Kabary (une réunion de conseil) pour se choisir un roi.

Beaucoup d’entre eux étaient d’avis de prendre le Voromahery (l’aigle). Ils se disaient que c’est le plus fort parmi eux, et lui seul est capable de faire hérisser les plumes de tous ses ennemis.

Donc, on offrit à l’aigle la royauté. Mais le fier oiseau dédaigna un pouvoir que son bec et ses serres lui donnaient naturellement, et refusa.

On présenta ensuite le goaika (corbeau), le papango (papangue) et le hitsikitsika (crécerelle). Mais, après de longues discussions, il fut impossible de s’entendre à leur sujet.

Alors, quelqu’un proposa le fody (cardinal de Madagascar) et donna de son choix les raisons suivantes : « Il est tout à fait différent des autres oiseaux. Il leur ressemble en hiver, mais en été il devient d’un beau rouge éclatant. La nature, en le revêtant ainsi d’un manteau royal, semble l’avoir désigné à notre choix. ». (Sachant que le rouge est la couleur de la royauté à Madagascar)

Et on se rangea à cet avis.

Voilà donc le fody roi des oiseaux. Son caractère enjoué, sa vivacité, son adresse le rendirent vite populaire parmi les oiseaux. Il était surtout respecté et aimé par le triste takatra (ombrette), dont la vue fut toujours protégée pendant le règne du fody.

Mais le proverbe dit : « Un arbre élevé est facilement agité par le vent, et quiconque est bon a beaucoup d’ennemis ». Le fody ne tarda pas à en faire l’expérience.

Place au Voromahery

L’aigle, furieux d’avoir pour roi un si petit oiseau, fondit sur lui et le tua d’un coup de bec. Puis il se proclama roi ; les autres oiseaux, par crainte, n’osèrent pas protester et acceptèrent la royauté de l’aigle.

Mais « Le châtiment est là ; et l’action accomplie retourne contre son auteur » dit le proverbe.

Le takatra se souvenait des bienfaits du fody, et la méchanceté du voromahery lui était odieuse.

Un beau jour, le nouveau roi était assez distrait. Alors, le takatra s’approcha doucement de lui par derrière et brusquement lui donna de forts coups de bec. L’aigle tomba, l’autre le crut mort et, l’abandonnant sur la place et s’envola pour convoquer tous les oiseaux.

Au deuxième grand Kabary

Quand ils furent réunis en un deuxième grand Kabary, le takatra prit la parole et leur expliqua comment et pourquoi il avait tué le voromahery. Presque tous l’approuvèrent et beaucoup faisaient cercle autour de la place où gisait la victime.

Mais, tandis qu’ils le contemplaient, voici que celui qu’on croyait mort remua faiblement. Grand émoi parmi les assistants ; quelques-uns s’apprêtaient à l’achever, quand le hitsikitsika (crécerelle) prit la parole :

« Je n’essaierai pas de justifier le voromahery. Il était méchant et cruel. Il avait l’habitude de prendre par force tout ce qu’on ne voulait pas lui donner. Le takatra, qui a vengé sur lui la mort du fody, a droit à la reconnaissance des oiseaux. Pourtant nous sommes, lui et moi, fils de deux sœurs. Son malheur me touche donc de près. Et je vous demande de m’accorder sa vie. Ce sera pour lui un châtiment suffisant de perdre la royauté. »

Les oiseaux ne repoussèrent pas les prières du hitsikitsika et celui-ci s’empressa de donner des soins au blessé.

C’est pourquoi, dit-on, le voromahery ne résiste pas au hitsikitsika, bien que plus petit que lui. Mais il fuit devant celui-ci, se souvenant qu’il lui doit la vie. Au contraire, il déteste le takatra qui l’a attaqué et blessé par derrière. Et il ne manque pas une occasion de lui faire du mal.

 Alors qui sera roi finalement ?

Les oiseaux se choisirent encore une fois un nouveau roi. Cette fois, le « Railovy » (Drongo) fut enfin désigné.

« Il a une belle voix pour parler dans les Kabary. En plus, il est de taille moyenne, si bien que ce n’est pas un adversaire négligeable pour les jaloux, et d’autre part il n’est pas assez grand pour faire hérisser les plumes des autres. »

Et jusqu’à présent, son autorité s’est encore maintenue sans trop de difficulté.

Pour remplacer les corvées que d’ordinaire les peuples accomplissent pour les rois, le Railovy a le droit de prendre chaque année quelques plumes d’autres oiseaux de toutes espèces pour tapisser son nid.

« Angano, angano, arira, arira, izao mitantara, ianareo mamaky…  » –> « Ce n’est que du conte, et de la légende, je raconte et vous lisez… »

By #CocoLodgeMajunga

Source : Agir avec Madagascar – 09/40/19

Juste pour rappel, Coco Lodge Majunga est à la fois :

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