« Le tourisme doit prendre une place prépondérante au niveau des politiques économiques et de développement. »
Vola Raveloson, Directeur Exécutif de l’ONTM, nous livre ses réflexions sur la situation actuelle du tourisme à Madagascar.

Quelle est la place du tourisme dans le monde et comment s’insère-t-il dans le développement économique notamment à Madagascar ?

Volgens die WHO, en tant que catégorie d’exportation à l’échelle mondiale, le tourisme arrive en troisième position derrière la chimie et les carburants et devant l’automobile et l’industrie alimentaire en 2016. A Madagaskar, le tourisme représente aujourd’hui le premier pourvoyeur de devises, si on exclut la part relative aux grandes mines. in 2016, le tourisme a généré près de 750 millions de dollars de devises pour l’économie locale. A titre de rappel, le tourisme est créateur d’emplois, que ce soit directement dans les structures touristiques, ou au niveau de la chaîne de valeur (fournisseurs, prestations de service…). Comme chacun le sait, il contribue à la préservation de la culture et des traditions car les communautés villageoises et les gestionnaires du patrimoine historique bénéficient des revenus de l’intérêt accordé à leur folklore et sites. Les revenus générés constituent également un des 4 piliers de la conservation de notre biodiversité, à travers la gestion des Parcs Nationaux et des Aires Protégées (les communautés villageoises ayant moins besoin d’exercer de pressions sur l‘environnement pour vivre car bénéficiant directement ou indirectement du tourisme). Ceci est un bien bref résumé de la capacité du tourisme à rendre la dignité des Malagasys par le travail et sa capacité à contribuer à la lutte contre la pauvreté. C’est en ce sens que le tourisme doit prendre la place prépondérante, qu’elle n’a pas encore dans les faits, au niveau des politiques économiques et de développement que tous les gouvernants de Madagascar auront à mettre en place.

Sous quels aspects, la place du tourisme ne vous semble-t-elle pas encore suffisamment prépondérante dans les politiques économiques ?

Quand le tourisme sera le véritable « fer de lance » de l’économie, alors on aura à mettre en place les stratégies et les moyens à la mesure des ambitions exprimées. Il y a une vision à laquelle tous les départements étatiques auront à adhérer et chacun aura à contribuer à la réalisation de cette vision. La viabilisation des zones touristiques à développer, le développement de l’accessibilité, la formation du personnel autour de ces sites pour les intégrer au processus, l’organisation de la chaîne d’approvisionnement au niveau local, et bien d’autres, sont autant de paramètres contribuant à l’amélioration de la compétitivité de la destination, et relèvent surtout de politiques publiques transversales. Pour promouvoir la destination auprès des marchés internationaux, l’Etat devra se doter d’un budget conséquent, et dépasser les trois cent mille euros annuels alloués jusqu’à présent, pour atteindre des niveaux proches de ceux des îles voisines (à titre indicatif : l’Ile Maurice/ quinze millions d’euros).

La Lettre de Politique du Tourisme a établi un objectif de 500.000 touristes à l’horizon 2020. Est-ce réaliste au vu des infrastructures existantes ?

vandag, nous avons une saisonnalité à Madagascar qui est encore très concentrée sur la saison sèche en raison des circuits touristiques incluant notamment les Parcs Nationaux, dont l’accessibilité peut être ardue en saison des pluies. Cela engendre, en revanche, une pénurie d’hôtels pendant la haute saison, qui s’étale de juillet à octobre. Il y a aussi ce que l’on appelle le tourisme de séjour, qui est davantage un tourisme plutôt balnéaire. Il y a toute une offre à développer sur ce type de tourisme pratiqué dans l’année et cette stratégie nous permettra d’étaler les arrivées le long de l’année pour désengorger les périodes de haute saison. En second lieu au niveau des infrastructures, selon une étude qui remonte à quelques années, 30% des hôtels répertoriés ne sont pas en mesure d’apporter le confort minimal pour un touriste de base. Une stratégie d’incitation et d’accompagnement devrait être développée pour que ces établissements soient rénovés, de manière justement à augmenter la qualité de leur offre et donc leur permettre de s’ouvrir à une nouvelle clientèle. Il faut aussi, bien évidemment, réguler la saisonnalité sur les prix (yield management), en proposant des offres à des tarifs particulièrement compétitifs pendant les périodes creuses, afin de mieux étaler la saison touristique, et contourner partiellement le problème de l’infrastructure. Au-delà de tout cela, il est clair qu’on a vraiment besoin d’avoir de nouveaux établissements hôteliers afin de pouvoir accueillir plus de touristes pendant la haute saison. L’EDBM a mis en place une politique pour attirer les grandes marques hôtelières. Ce sont parfois des contrats de gestion qui seront mis en place, puisque les entreprises locales fournissent l’infrastructure aux normes requises par les grandes enseignes hôtelières internationales.

On évoque régulièrement la nécessité de développer le tourisme national. N’est-ce pas utopique au regard du pouvoir d’achat moyen local ?

Dans la plupart des grandes destinations touristiques, le tourisme national joue un rôle de régulateur en particulier lorsque le marché international est plutôt frileux ou se rétracte et permet aux hôtels d’avoir un taux d’occupation viable. Nous pouvons constater que le tourisme national aujourd’hui dépasse les limites seules de Majunga et Tamatave. Op Nosy word, l’Office Régional du Tourisme indique clairement que le tourisme national est en forte progression ces 5 dernières années avec une progression de l’ordre de 40%. Cela prouve qu’il y a un potentiel et qu’il y a une offre différente qu’il faut développer. En organisant le salon International Tourism Fair Madagascar (ITM) en juin chaque année, l’ONTM se fixe comme objectif de développer ce tourisme national à travers justement la présentation de l’ensemble des offres accessibles à tous. Bien qu’il faille proposer une véritable stratégie cohérente au niveau des transports, au niveau des tarifs et des hébergements, que nous allons élaborer avec le Ministère du Tourisme, le salon ITM contribue déjà indéniablement et largement au développement du tourisme national.

By Hôtel*** Restaurant gourmand Coco Lodge Majunga

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